jeudi, 09 avril 2009

JEUDI-SAINT : COENA DOMINI

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"Je ne suis pas venu pour être servi, mais pour servir..."

(Mt,20,28)

 

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"Ceci est mon corps, livré pour vous...Ceci est mon sang, versé pour vous ..."

(Lc,22,20)

 

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"Mon âme est triste à en mourir..."

(Mt,26, 38)

C'est trois évènements et c'est trois paroles, résument pour ainsi cette soirée particulière, qui réunit pour la dernière fois, le Christ et ses disciples.

Il leur laisse son testament spirituel, à savoir le lavement des pieds, dont la signification est que chaque chrétien, doit être le serviteur de son frère, qui plus est, celui qui a de hautes responsabilités (le pape ne se désigne t-il pas comme le "serviteur des serviteurs"?) et l'Eucharistie, comme Sa présence parmi nous, "jusqu'à ce qu'il revienne", comme nous le répétons à chaque  liturgie.

Après ce repas pascal, devenu le sacrement de la nouvelle et éternelle Alliance, par l'institution de l'Eucharistie et du sacerdoce selon l'ordre de Melkisédék, remplaçant ainsi l'ancienne alliance et le sacerdoce d'Aaron, le Christ est prêt pour vivre ce pourquoi, il est venu, c'est-à-dire, pour rétablir l'amitié entre le Père et les hommes; amitié, brisée par le premier péché.

Il va connaître l'agonie et l'abandon de ceux qui lui ont été le plus proches, même Pierre, qui plus tôt, jurais qu'il donnerait sa vie pour lui, va le trahir.

Le drame se joue là...Et la Rédemption peut commencer...

Pour terminer je vous laisse avec un extrait de l'encyclique "Ecclesia de eucharistia", du serviteur de Dieu, Jean-Paul II:

HOC FACITE IN MEAM COMMEMORATIONEM

"La nuit même où il était livré, le Seigneur Jésus" (1 Co 11, 23) institua le Sacrifice eucharistique de son Corps et de son Sang. Les paroles de l'Apôtre Paul nous ramènent aux circonstances dramatiques dans lesquelles est née l'Eucharistie, qui est marquée de manière indélébile par l'événement de la passion et de la mort du Seigneur. Elle n'en constitue pas seulement l'évocation, mais encore la re-présentation sacramentelle. C'est le sacrifice de la Croix qui se perpétue au long des siècles. On trouve une bonne expression de cette vérité dans les paroles par les quelles, dans le rite latin, le peuple répond à la proclamation du "Mysterium fidei" faite par le prêtre: "mortem tuam annunciamus, Domine".
L'Eglise a reçu l'Eucharistie du Christ son Seigneur non comme un don, pour précieux qu'il soit parmi bien d'autres, mais comme le don par excellence, car il est le don de lui-même, de sa personne dans sa sainte humanité, et de son oeuvre de salut. Celle-ci ne reste pas enfermée dans le passé, puisque "tout ce que le Christ est, et tout ce qu'il a fait et souffert pour tous les hommes, participe de l'éternité divine et surplombe ainsi tous les temps...".
Quand l'Eglise célèbre l'Eucharistie, mémorial de la mort et de la résurrection de son Seigneur, cet événement central du salut est rendu réellement présent et ainsi "s'opère l'oeuvre de notre rédemption". Ce sacrifice est tellement décisif pour le salut du genre humain que Jésus Christ ne l'a accompli et n'est retourné vers le Père qu'après nous avoir laissé le moyen d'y participer comme si nous y avions été présents. Tout fidèle peut ainsi y prendre part et en goûter les fruits d'une manière inépuisable. Telle est la foi dont les générations chrétiennes ont vécu au long des siècles. Cette foi, le Magistère de l'Eglise l'a continuellement rappelée avec une joyeuse gratitude pour ce don inestimable. Je désire encore une fois redire cette vérité, en me mettant avec vous, chers frères et soeurs, en adoration devant ce Mystère: Mystère immense, Mystère de miséricorde. Qu'est-ce que Jésus pouvait faire de plus pour nous? Dans l'Eucharistie, il nous montre vraiment un amour qui va "jusqu'au bout" (cf. Jn 13, 1), un amour qui ne connaît pas de mesure.
Cet aspect de charité universelle du Sacrement eucharistique est fondé sur les paroles mêmes du Sauveur. En l'instituant, Jésus ne se contenta pas de dire "Ceci est mon corps", "Ceci est mon sang", mais il ajouta "livré pour vous" et "répandu pour la multitude" (Lc 22, 19-20). Il n'affirma pas seulement que ce qu'il leur donnait à manger et à boire était son corps et son sang, mais il en exprima aussi la valeur sacrificielle, rendant présent de manière sacramentelle son sacrifice qui s'accomplirait sur la Croix quelques heures plus tard pour le salut de tous. "La Messe est à la fois et inséparablement le mémorial sacrificiel dans lequel se perpétue le sacrifice de la Croix, et le banquet sacré de la communion au Corps et au Sang du Seigneur".
L'Eglise vit continuellement du sacrifice rédempteur, et elle y accède non seulement par un simple souvenir plein de foi, mais aussi par un contact actuel, car ce sacrifice se rend présent, se perpétuant sacramentellement, dans chaque communauté qui l'offre par les mains du ministre consacré. De cette façon, l'Eucharistie étend aux hommes d'aujourd'hui la réconciliation obtenue une fois pour toutes par le Christ pour l'humanité de tous les temps. En effet, "le sacrifice du Christ et le sacrifice de l'Eucharistie sont un unique sacrifice". Saint Jean Chrysostome le disait déjà clairement: "Nous offrons toujours le même Agneau, non pas l'un aujourd'hui et un autre demain, mais toujours le même. Pour cette raison, il n'y a toujours qu'un seul sacrifice. [...] Maintenant encore, nous offrons la victime qui fut alors offerte et qui ne se consumera jamais".
La Messe rend présent le sacrifice de la Croix, elle ne s'y ajoute pas et elle ne le multiplie pas. Ce qui se répète, c'est la célébration en mémorial, la "manifestation en mémorial" (memorialis demonstratio) du sacrifice, par laquelle le sacrifice rédempteur du Christ, unique et définitif, se rend présent dans le temps. La nature sacrificielle du Mystère eucharistique ne peut donc se comprendre comme quelque chose qui subsiste en soi, indépendamment de la Croix, ou en référence seulement indirecte au sacrifice du Calvaire." (Jean-Paul II, Ecclesia de Eucharistia, chap. 1).

 

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HOC EST ENIM CORPUS MEUM


Bon Jeudi-Saint à toutes et tous !

Elie-Marie, frère de la Communion Bethanie

11:54 Ecrit par ©Fr. Elie-Marie dans Liturgie | Commentaires (0)

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