samedi, 13 juin 2009

SOLENNITE DU CORPS ET DU SANG DU CHRIST OU "FETE-DIEU"

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Ce dimanche l'Eglise célèbre la solennité du corps et du sang du Christ, appelé familièrement "Fête-Dieu".
Un peu d'histoire :

La Fête-Dieu, Fête du Saint-Sacrement ou Corpus Christi est une fête religieuse catholique, mais aussi anglicane célébrée le jeudi qui suit la Trinité, c'est-à-dire soixante jours après Pâques. Les origines de la Fête du Corps et du sang du Christ, célébrée le jeudi après le dimanche de la Sainte-Trinité (en France, le dimanche suivant, en vertu d'un indult papal), remontent selon certains historiens au XIIe siècle. L'élévation manifestait le désir de contempler l'hostie, mais l'impulsion décisive fut donnée par sainte Julienne de Cornillon et la bienheureuse Ève de Liège.

Actuellement, le nom officiel de la fête est Solennité du corps et du sang du Christ. Cette fête commémore l'institution du sacrement de l'Eucharistie. La Fête-Dieu est un jour férié dans certains pays catholiques (en Allemagne (dans les Laenders avec une population catholique), l´Autriche, au Brésil la Belgique, la Suisse par exemple).

C'est en grande partie à Julienne de Cornillon que l'on doit la Fête-Dieu: à partir de 1209, elle eut de fréquentes visions mystiques. Une vision revint à plusieurs reprises, dans laquelle elle vit une lune échancrée, c'est-à-dire rayonnante de lumière, mais incomplète, une bande noire la divisant en deux parties égales. Elle y vit la révélation qu'il manquait une fête dans l'Église. La fête du saint Sacrement devait être instituée pour ranimer la foi des fidèles et expier les fautes commises contre ce Sacrement. À partir de cette période, elle œuvra pour l'établissement d'une fête solennelle en l'honneur du Très Saint Sacrement. Elle fut aidée pour cela par la Bienheureuse Ève de Liège, recluse. En 1222, Julienne fut élue prieure du Mont Cornillon et continua les démarches pour l'instauration de la Fête Dieu, demandant conseil à d'éminentes personnalités de l'époque, tels que Jean de Lausanne, chanoine de Saint Martin, Jacques Pantaléon, archidiacre de Liège et futur Pape Urbain IV, Guy évêque de Cambrai, et aussi des théologiens dominicains, dont Hugues de Saint Cher.

La fête fut célébrée pour la première fois par le prince évêque Robert de Tourote. Tombé malade à Fosses, craignant de n'avoir pas le temps de confirmer la fête à sa principauté, il recommanda l'institution de la fête au clergé qui l'entourait et en fit célébrer l'office en sa présence, à Fosses même. Il y mourut, le 16 octobre 1246, sans avoir pu tenir un synode général et y publier son mandement. Cependant à partir de 1246 la Fête-Dieu fut introduite d'abord dans le diocèse de Liège à la Basilique Saint-Martin de Liège. Les bourgeois de Liège s'opposaient à la fête car cela signifiait un jour de jeûne en plus pour la population et certains religieux considéraient que telle fête ne méritait pas pareil budget. L'opposition à la fête devenant plus forte après 1246, Julienne dut quitter son couvent et passa de monastère en monastère. Elle trouva refuge en plusieurs abbayes cisterciennes. Elle mourut le 5 avril 1258 à Fosses-la-Ville, entre Sambre et Meuse, et fut inhumée dans l'abbaye cistercienne de Villers-La-Ville.

Le pape, ancien confesseur de Sainte Julienne de Cornillon, qui lui avait demandé d’instituer cette fête, institua alors la fête du Corpus Domini par la bulle "Transiturus de hoc mundo" et confia alors à Saint Thomas d’Aquin la rédaction de textes liturgiques pour cette solennité qu’il fixa au jeudi après l’octave de la Pentecôte.

Cette fête fut instituée officiellement le 8 septembre 1264 par le pape Urbain IV.

La Fête-Dieu ne fut reçue dans toutes les églises latines qu'au temps de Clément V, à l'époque du Concile de Vienne en 1311 où il renouvela la constitution d'Urbain IV.

L'institution de cette célébration est contemporaine de l'extirpation de l'hérésie cathare et vaudoise au bûcher de Montségur, ces processions dans le midi de la France et dans la vallée du Rhône ont été l'occasion d'incidents violents du début du XIIIe siècle jusqu'au XVIe siècle inclus.

 

C'est l'une des fêtes religieuses, que je préfère dans le calendrier liturgique.
Elle démontre s'il en est l'humilité de notre Dieu, qui non content de s'incarner par la Très Sainte Vierge Marie à Bethléem,  a voulu demeurer parmi nous en se donnant à nous en nourriture et breuvage spirituel.
Je n'entrerai pas dans les querelles théologiques qui  nous opposent  notamment avec nos frères protestants, qui nie la "transsubstantiation" (changement de substance du pain et du vin en corps et sang du Christ), pour n'affirmer qu'une "consubstantation" ( présence en même temps des espèces du pain et du vin avec le corps et le sang du Christ) ou une présence spirituelle, comme les calvinistes l'affirment.

Voici une hymne composée par Saint Thomas d'Aquin et qui est chantée aux vêpres dans le missel de 1962:

1. Pange lingua gloriósi corpóris mystérium,

Chante, ô ma langue, le mystère de ce corps très glorieux
Sanguinísque pretiósi, quem in mundi prétium

Et de ce sang si précieux que le Roi de nations
Fructus ventris generósi, Rex effùdit géntium.

Issu d'une noble lignée versa pour le prix de ce monde.


 

2. Nobis datus, nobis natus ex intácta Vírgine
Fils d'une mère toujours vierge né pour nous, à nous donné,

Et in mundo conversátus, sparso verbi sémine,
Et dans ce monde ayant vécu, verbe en semence semé,

Sui moras incolátus miro clausit órdine.
Il conclut son temps d'ici-bas par une action incomparable :

 

3. In suprémae nocte coenæ recùmbens cum frátribus,
La nuit de la dernière Cène, à table avec ses amis,

Observáta lege plene cibis in legálibus,
Ayant pleinement observé l a Pâque selon la loi,

Cibum turbæ duodénæ se dat suis mánibus.

De ses propres mains il s'offrit en nourriture aux douze Apôtres.

 

4. Verbum caro, panem verum verbo carnem éfficit:
Le Verbe fait chair, par son verbe, fait de sa chair le vrai pain;

Fitque sanguis Christi merum, Et si sensus déficit,
Le sang du Christ devient boisson; Nos sens étant limités,

Ad firmándum cor sincérum sola fides sùfficit.
C'est la foi seule qui suffit pour affermir les coeurs sincères.

 

5. Tantum ergo Sacraméntum venerémur cérnui:
Il est si grand, ce sacrement ! adorons-le, prosternés.

Et antíquum documéntum novo cedat rítui:

Que s'effacent les anciens rites devant le culte nouveau !

Præstet fides supplémentum sénsuum deféctui.

Que la foi vienne suppléer aux faiblesses de nos sens !

 

6. Genitóri, Genitóque laus et iubilatio,
Au Père et au Fils qu'il engendre louange et joie débordante,

Salus, honor, virtus quoque sit et benedíctio:

Salut, honneur, toute-puissance et toujours bénédiction !

Procedénti ab utróque compar sit laudátio. Amen.

A l'Esprit qui des deux procède soit rendue même louange. Amen.

Elie-Marie, frère de la communion Bethaie.

19:24 Ecrit par ©Fr. Elie-Marie dans Liturgie | Commentaires (13)

Commentaires

Le débat sur la Fête-Dieu est un autre que celui autour de la présence réelle. Ce sont deux débats différents.

La Fête-Dieu chosifie l'eucharistie et, en ce sens, elle est diamétralement opposée à la vision dynamique de l'eucharistie, qui est la vision de l'Église des premiers siècles. Dire que le corps du Christ est l'eucharistie ou le saint sacrement, c'est comme si on disait que l'eau baptismale est elle-même le sacrement du baptême, ou bien que le saint chrême est lui-même la chrismation/confirmation. Non. L'eucharistie n'est pas une chose, même si par "chose" on entend le corps véritable du Christ. L'eucharistie est une action: la manducation du corps du Christ, l'ingurgitation de son sang. C'est pourquoi le fait de promener le corps du Christ dans les rues est un strip-tease liturgique de mauvais goût.

L'eucharistie nous enseigne l'humilité de Dieu fait homme. Le Christ préfère prendre aspect du pain simple et du vin simple, alors qu'il serait capable de produire des spectacles bouleversants. Voilà pourquoi c'est ridicule d'entourer le corps du Christ de rayons en cuivre et de tissus argentés. Jésus n'est pas une bête de foire, pour être "exposé".

Jésus se donne dans les saintes espèces, pour être mangé et bu. Utiliser les saintes espèces dans un autre but, c'est un abus de pouvoir.

Ecrit par : Georges | jeudi, 18 juin 2009

Je crois que la meilleure chose serait de rendre plus festive la fête du Jeudi-Saint. Malheureusement, l'office du Jeudi-Saint est trop une projection de l'office du Vendredi-Saint.

Au niveau liturgique, la Fête-Dieu comporte des curiosités. C'est la seule fête avec octave et en même temps dépourvue de vigile.

Les hymnes composées par saint Thomas d'Aquin sont très théologiques et en même temps compréhensible par les gens simples de son temps, comme par ceux de notre temps. Ce serait pas mal que de les inclure dans l'office du Jeudi-Saint. D'ailleurs, c'est "Pange lingua gloriosi lauream certaminis" qui a servi de modèle à "Pange lingua gloriosi corporis mysterium".

Ecrit par : Georges | jeudi, 18 juin 2009

La Sainte Hostie EST le Corps du Christ et par ce fait mérite d'etre entouré de beauté,de louange,et de sacré...De plus Jésus marche au milieux des siens lors de la procession de la Fete-Dieu,Il bénis,guéris comme à Lourdes ou les guérisons au passage du Saint Sacrement sont légion....Lors des rameaux par ex il me semble qu'il à été "acceuilli dans la gloire":" Hosanna filio David!" On oublie aussi tres souvent que si Jésus est né dans une étable,il est aussi écrit qu'il reviendra dans la gloire...Alors cher Georges,au diable la pseudo-théologie mai 68 qui de toute facon n'a presque plus d'adeptes sauf des vieux curés et de vieux laics en mal d'identitée...Les jeunes pretres et les jeunes cathos heureusement balaient toute ces fausses affirmations et rétablissent la beauté et l'affirmation de la présence réelle dans l'Hostie lors des messes...et l'abus de pouvoir ce sont les modernistes qui en usent et en abusent en racontant n'importe quoi et surtout en se croyant toujours plus haut que les PAPES et les CONCILES ... Abbé Thibeau.Pretre+

Ecrit par : Abbé Thibaut | samedi, 20 juin 2009

@ Georges.
Je comprends tes réticences par rapport à l'adoration du St Sacrement, puisque tu es anglican, donc proche de la pensée protestante.
Pourtant St Augustin, dans un ouvrage dont je ne me rappelle plus le nom, dit que Notre-Seigneur avant d'être "consommé", doit être adoré.
De plus, dans les Eglises Anglicanes, chez les "anglo-catholiques", il y a la Ste réserve et l'adoration eucharistique.
Tu dois appartenir à la "Low Church" ?
@ l'abbé Thibaut.
Tout d'abord merci d'être venu commenter sur ce modeste blog/
Je suis bien d'accord, que les jeunes prêtres, que je fréquente, n'ont plus aucun complexe à montrer, qu'ils sont catholiques et à respecter cet auguste sacrement.
Les "modernistes" comme vous dites, n'ont pas de postérité, c'est donc une espèce en voie de disparition...Dieu merci !
Bon et saint dimanche à vous deux !

Ecrit par : Elie-Marie | dimanche, 21 juin 2009

Merci Cher Elie-Marie,Je sais que nous sommes sur le meme terrain d'entente...Et qu'un jour nous comprendrons combien nos liturgies étaient fades par rapport au Ciel...."Le beau est un pressentiment du ciel" Saint Odilon,abbé de Cluny

Ecrit par : Abbé Thibaut | dimanche, 21 juin 2009

Il ne s'agit pas que je sois anglican ou non-anglican, high- ou low-church. Je suis un tradi, et c'est tout.

Regardez toutes les Églises orientales, uniates ou non, qui n'ont pas encore été corrompues par les pratiques sentimentalistes latines: la Fête-Dieu n'existe pas, l' "adoration" du corps du Christ en dehors de la messe n'existe pas. Et la sainte réserve sert à donner la communion aux malades, quand il n'y a pas de messe.

La question, comme je l'ai dit, est d'ordre théologique. Et là on parle, à juste titre, d'une chosification des sacrements, dans le sens où dans la théologie sentimentaliste les sacrements ne sont plus des ACTES, mais des CHOSES.

Les dérives de Julienne de Mont Cornillon apparaissent à une époque où les fidèles ne communient pas régulièrement; du coup on veut leur donner au moins le privilège d'adorer le corps du Christ. Je crois en la puissance de la guérison des malades à travers le contact avec les saintes espèces, mais cela doit se faire en communiant à la messe.

Ecrit par : Georges | lundi, 22 juin 2009

Je comprends tes arguments cher Georges.
Cela a été le cas des Bugnini et consorts, qui nous ont sorti les réformes que l'on sait, sous prétexte qu'elles se rapprochaient de l'antiquité chrétienne.
Pourtant, le pape Pie XII, dans son encyclique "Mediator Dei", condamne cette recherche d'une liturgie primitive idéalisée.
La liturgie est en constante évolution, mais dans un développement organique.

Ecrit par : Elie-Marie | lundi, 22 juin 2009

Pie XII aurait mieux fait de se taire, lui qui a complètement abîmé la vigile pascale (qui nous venait du 5ème siècle sans altération). Ce que lui a fait, ce n'était absolument pas du développement organique, mais de l'abus protestant.

Bugnini n'a rien à voir avec l'antiquité chrétienne. Il a créé ex nihilo des prières eucharistiques; s'il avait eu le souci d'antiquité, il aurait pris des anaphores héritées par la Tradition et encore en usage ailleurs dans le monde. Car le fait qu'un texte soit ancien ne démontre rien; c'est son usage perpétuel qui donne sa valeur.

N'oublions pas que la Fête-Dieu ne fait pas partie du développement liturgique, mais de la volonté d'un pape de Rome qui s'est mis au-dessus de la Tradition.

Ecrit par : Georges | lundi, 22 juin 2009

N'importe quoi...Comment peut on se prévaloir de la tradition et mépriser à ce point la Fete-Dieu...Quel orgueil démeusuré que de se croire au dessus d'une Sainte,d'un pape,de l'enseignent du magistère...Au diable l'archéologie liturgique...Justement l'adoration est une évolution positive du rapport entre dieu et l'homme...Et puis Dieu peut choisir une sainte femme pour dire son désir d'etre adoré et aimé...arrétons le délire...cela me donne encore plus l'envie de solemniser l'événement l'année prochaine! ce que je ferais!

Ecrit par : Abbé Thibaut | jeudi, 25 juin 2009

Peut-être qu'Élie-Marie n'a pas envie qu'on polémise sur son propre blogue. J'ai commencé à vous répondre sur le mien.

Arrêtez vos imprécations et venez avec des arguments. Ce n'est pas parce qu'on sait sortir de gros mot qu'on a nécessairement raison.

Les "apparitions privées" ne peuvent être aucunement des sources de quoi que ce soit. La Tradition est autre chose.

Contrairement à vous, je crois que la Tradition est au-dessus des papes (rappelez-vous: Honorius II l'hérétique monothélite), au-dessous des saintes nitouches, même au-dessous des erreurs éventuelles des Pères. Anathème soit celui qui a dit: «La Chiesa sono io, io la tradizione.»!!!

Garder l'orthodoxie, ce n'est pas de l'orgueil, mais un devoir.

N'oubliez pas, l'année prochaine, de porter en procession du saint chrême, car il contient du Saint-Esprit, et comme ça vous promènerez le Saint-Esprit. N'oubliez pas de prendre aussi l'huile des catéchumènes, l'huile des malades, l'eau bénite... afin de faire bénéficier les piétons des dons inépuisables des 7 sacrements!!!

Ecrit par : Georges | jeudi, 25 juin 2009

Oh là là, on se calme. On peut avoir des opinions et sensibilités différentes, sans pour autant manquer à la Charité.
Il est vrai que je préfère que mon blog ne serve pas de "foire d'empoigne".
Georges, tu comprendras que tu es sur un blog catho, qui plus est de sensibilité "tradie" ou plutôt "restaurationniste".
Je comprend ta position, mais tu ne peux traiter la nôtre d'hérétique ou que sais-je, sans nous blesser.
De même je suis contre l'ordination des femmes,non parce qu'elles seraient inférieures aux hommes, mais parce que je crois, qu'on se trompe d'anthropologie.
Le sacerdoce n'est pas un droit, ni même un pouvoir, mais un service et un appel.
Avant d'ordonner des femmes, il faut se demander pourquoi le Christ n'a pas ordonné des femmes au sacerdoce? On nous rétorquera qu'il ne le pouvait pas car il était tributaire de son époque; alors pourquoi, s'est-il entouré de tant de femmes, et qu'il s'adressait à elles, chose impensable à l'époque.
La femme a toute sa place dans l'Eglise, mais selon son charisme propre, qui est celui de "prophétiser".
De même que l'homme a une affinité spirituelle avec le Christ, la femme en a avec l'Esprit-Saint.
Je crois que les Eglises, ne devraient pas succomber aux modes du monde, surtout contemporain, plein de relativisme...
En tout cas, pour l'Eglise Catholique, le problème est réglé, car Jean-Paul II, a engagé son infaillibilité en disant que l'Eglise n'a pas le pouvoir de conférer le sacerdoce aux femmes et ceci définitivement.
Bien amicalement.

Ecrit par : Elie-Marie | jeudi, 25 juin 2009

Cher Élie-Marie,

Je te réponds par points. D'abord je ne crois pas avoir manqué de charité dans cette discussion. Je n'ai prononcé des imprécations contre aucune des personnes impliquées dans la discussion.

>> Georges, tu comprendras que tu es sur un blog catho, qui plus est de sensibilité "tradie" ou plutôt "restaurationniste".

Merci de me le dire. Tiens, je ne l'ai pas remarqué؟

Quand j'ai dit qu'il valait mieux continuer la discussion ailleurs, c'est justement pour respecter ton blogue. N'en rajoute pas une couche; comme les aumôniers scolaires d'antan, qui punissaient les écoliers qui allaient à la confesse.

>> Je comprend ta position, mais tu ne peux traiter la nôtre d'hérétique ou que sais-je, sans nous blesser.

Je ne vous ai pas traîtés d'hérétiques. Par contre, je ne vois pas pourquoi un sujet ne pourrait pas être débattu.

>> De même je suis contre l'ordination des femmes, non parce qu'elles seraient inférieures aux hommes, mais parce que je crois, qu'on se trompe d'anthropologie.

Pareillement, je suis contre la non-ordination des femmes, car dans le cas de leur exclusion du sacerdoce on se trompe de christologie. De mon point de vue, la non-ordination des femmes est juste un prolongement du monothélisme. J'ai montré pourquoi. «Ce qui n'a pas été assumé, n'a pas été sauvé.» Pour sauver l'humanité entière (ici il n'est pas encore question du ministère ordonné), le Christ doit avoir en lui tous les éléments humains, donc la féminité aussi, car s'il n'a pas assumé la féminité, la féminité n'est pas sauvée. C'est exactement comme pour la volonté: si le Christ n'a pas eu la volonté humaine, notre volonté n'a pas été sauvée. Donc si le Christ a assumé tout ce qui est humain, excepté le péché, il a NÉCESSAIREMENT assumé la féminité aussi. Dans ce cas-ci, les femmes peuvent être ordonnées, car le Christ a été femme aussi.

Ou bien une autre variante (qui est suggérée par les prières d'ordination diaconale pour les femmes). Après l'incarnation il n'y a plus d'homme et femme, donc il n'y a plus de genres, et dans ce cas-là (le plus probable), la féminité n'a pas dû être assumée par le Christ, pour l'unique raison qu'elle est IDENTIQUE à la masculinité. Et si jamais elle n'était pas identique à la masculinité, nécessairement, le Christ a dû l'assumer. Soit c'est l'une, soit c'est l'autre. Il n'y a pas de moyen-terme, car le moyen-terme porterait atteinte à la christologie orthodoxe.

Maintenant la prière d'ordination des femmes diacres dans le rite byzantin est conçue pour la réception du sacrement de l'ordre; le diaconat, masculin et féminin, selon la liturgie, est identique (et même la hiérarchie grecque l'a reconnu!). En ordonnant la femme diacre, l'évêque invoque l'Esprit Saint, qui descendra sur l'élue. Donc si la femme, selon la Tradition, entre dans les ordres sacrés, il n'y a plus aucune empêchement théologique pour qu'elle devienne prêtre voire évêque.

>> Avant d'ordonner des femmes, il faut se demander pourquoi le Christ n'a pas ordonné des femmes au sacerdoce?

Avant tout, peut-être qu'il en a envoyé en mission. On n'a pas la liste sûre des septante-deux. Mais en réalité il ne les a ni baptisés, ni confirmés, ni ordonnés. C'est à la Pentecôte qu'ils reçoivent le tout en un. Et l'on sait que déjà au moins la Vierge Marie était là. Par contre, le fait de partir en missions aurait été plus dificile, vue la misogynie de l'époque. S'il s'est entourné de femmes, là elles n'étaient pas en danger. S'il les avait envoyée en mission, elles aurait été en danger. Et puis, il n'y a pas que la prophétie. Dans le NT on a deux fois les diaconesses. (Pardon, les femmes diacres: hæ diakonoi).

>> En tout cas, pour l'Eglise Catholique, le problème est réglé, car Jean-Paul II, a engagé son infaillibilité.

D'autres papes de Rome avaient engagé leur infaillibilité pour déclarer l'hérésie monothéliste, pour promouvoir l'esclavage, le duel et l'usure. Ça ne veut rien dire. C'est toujours en vertu des canons de Vatican 1er que Bugnini a pu renverser la liturgie. Dès Vatican I, il n'y a plus de Tradition, car le pape de Rome est au-dessus d'elle. Donc...

>> en disant que l'Eglise n'a pas le pouvoir de conférer le sacerdoce aux femmes et ceci définitivement
>> Je crois que les Eglises, ne devraient pas succomber aux modes du monde, surtout contemporain, plein de relativisme...

Elle a déjà succombé au monde, depuis fort longtemps. Reprendre les ordinations féminines serait un retour à la pratique apostolique, héritée dans les livres liturgiques. L'Église a déjà ordonné des femmes, à une époque meilleure que la nôtre.

Il est toujours facile de parler de l'esclavage, quand on est blanc. Il est facile de parler de gais, quand on est hétéro. Il est facile de parler des femmes, quand on est un mec. Il est facile de parler des animaux non-humains, quand on est un humain. Mais le plus difficile, c'est de réfléchir après s'être mis dans la peau de l'autre.

Bonne semaine!

Georges

Ecrit par : Georges | vendredi, 26 juin 2009

"Bien faire et laisser braire!..." Proverbe Normand.
Merci cher Elie-Marie pour ce que tu nous apporte,que rajouter je pense comme toi!!! Abbé thibaut+

Ecrit par : Abbé Thibaut | samedi, 27 juin 2009

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